Huye, le 19 avril 2010-
Il s’agit d’Uwimana Benjamin fils de Murangwa J.Bosco et
M.musoni Marie Rose (tous morts en exil dans les forêts de la
République Démocratique du Congo) du village Kabeza, cellule
Cyarwa, secteur Tumba, district Huye, province du Sud. Il est né
en 1981.
Le contentieux concerne la
vente aux enchères de sa maison familiale par le Secrétaire
Exécutif du secteur Tumba ; dans le but de rembourser les biens
de Ndayiragije John, endommagés pendant le génocide des tutsi
de 1994 par feu son père ; en violation flagrante de l’art.7 des
instructions n°14/2007 du 30/03/2007 de la Secrétaire Exécutive
du Service National des Juridictions Gacaca, relatives au
paiement des biens endommagés pendant le génocide de 1994 ; dont
la LIPRODHOR lui a réservé la copie à travers son journal
Umukindo n°39. A l’issue de la vente aux enchères du
15.01.2010, la victime avait à travers la lettre n°700/14.09
du 29/01/2010 du responsable du secteur, reçu l’ultimatum de
rendre la maison et sa parcelle à son acheteur au plus tard le
12.02.2010.
Lors du plaidoyer de
l’agent de la LIPRODHOR en date du 16.03.2010, le Secrétaire
Exécutif du secteur Tumba a insisté sur le respect de la
vente aux enchères de la maison de la victime du 15.01.10, en
guise de l’exécution du jugement de la juridiction Gacaca de la
cellule Agasengasenge, cellule Rango B, secteur Tumba , district
Huye, province du Sud; rendu le 12.03.08. La victime et
orphelin qui pendant le génocide n’avait que 13ans, n’avait pas
signé le procès verbal de la vente aux enchères de la seule
maison familiale que le tribunal de première instance de
Butare, dans le procès R.C 19.442/53/200206/01/2002 du
06/01/2002 lui avait confié le droit de garde. C’était la
maison qu’il habitait avec son épouse et son enfant après
l’avoir réhabilitée de l’argent reçu de la vente de la parcelle
de sa mère. Selon les décisions de la juridiction Gacaca son
père devait payer la somme de deux millions neuf cents vingt
six mille francs rwandais (2.926.000frw). La maison a été
vendue à 4.000.000fr par un certain Nziraguhunga Emmanuel,
pharmacien dans la ville de Butare.
Rappelons que la victime
souhaitait payer pour son père petit à petit, mais on lui a
refusé cette chance, raison pour laquelle il ne voulait pas
sortir de la maison sans savoir où aller. Paradoxalement, le
communiqué de la vente aux enchères n’avait même jamais été
affiché publiquement. La victime reste toujours dans la maison
sous les menaces, malgré même son recours au commandant de la
division militaire du Sud qui avait essayé de téléphoner
l’auteur en condamnant ces mauvais actes, surtout que la victime
n’a plus où s’abriter avec sa famille.
La LIPRODHOR lui a
conseillé de contacter le Gouverneur de la province qui, après
son entretien avec la victime du 29.03.2010 ; a mandaté le
Maire du district de Huye pour résoudre ce contentieux en
collaboration avec le S.E du secteur Tumba. Après le second
ultimatum du 09/04/2010 de remettre la maison au plus tard le
17/04/2010, faute de quoi le recours à la force sera nécessaire,
la maison de la victime fut encerclée par 6 LDF armés de 3
fusils dans la matinée du dimanche 18.04.2010. Mais la victime
a répondu par le silence face aux tapages sur la porte à 6
heures du matin. Il se demande ainsi quel Seigneur peut le
sauver. Soulignons que d’autres victimes à savoir Mukamusoni
Olive et Urunana Marie Médiatrice ont subi le même sort devant
l’huissier professionnel John Nsengiyumva qui a vendu aux
enchères leurs maisons familiales.
Liprodhor, avril 2010