Depuis le février 2008
Alexandre NZABANDORA originaire du District de Nyamasheke en
Province de l’Ouest traîne devant les tribunaux. Un procès
l’oppose au Ministère de la Défense. L’affaire porte sur
l’enlèvement de son véhicule Toyota Hiace immatriculé RR 1117 A
par les militaires en date du 29 août 1997.
Ce véhicule fut arraché des
mains de sa famille qui venait lui rendre visite à la Prison de
Kimironko, District de Gasabo où NZABANDORA était détenu, accusé
d’atteinte à la sécurité de l’Etat. Dans son numéro 26 de
juillet 1997, le Journal Ingabo avait qualifié Nzabandora de
complice des Interahamwe se trouvant en République Démocratique
du Congo. L’accusation fut transformée en crime de génocide dont
il a été acquitté en 2002 mais ne fut relâché qu’en 2004. Depuis
lors il n’a cessé de réclamer son véhicule auprès des instances
habilitées du MINADEF car le forfait a été commis par les
militaires qui montaient la garde à la Prison de Kimironko. Ni
le MINADEF ni l’Ombudsman, personne n’a pu étancher sa soif. Il
a fallu se diriger vers les instances judiciaires.
En mai 2008, il a saisi le
Tribunal de Grande Instance de Nyarugenge. Celui-ci s’est
déclaré incompétent car l’Etat était en cause. L’affaire fut
orientée vers la Haute Cour de la République. Pour le MINADEF,
Nzabandora n’était pas propriétaire du véhicule. Lors du
prononcé, Nzandora est débouté faute des pièces à conviction.
Pourtant Nzabandora avait remis en bonne et due forme au
greffier du tribunal les pièces justifiant la possession du
minibus RR 1117 A. En plus de cela, les témoins interrogés
avaient affirmé avoir vu des militaires s’emparer dudit
véhicule. Ce qui est étonnant est que ces documents ne
figuraient pas dans le dossier, de même que le rapport d’enquête
établi par le MINADEF alors que le greffier en avait accusé
réception. Cette situation a entraîné la révision du procès car
la faute incombait au tribunal. Le 27 novembre 2009 le juge a
déclaré que les pièces présentées par Nzabandora étaient
irrecevables car délivrées par une personne incompétente de
Rwanda Revenue Authority.
Ce 4 février 2010 le
plaignant et son avocat devaient présenter au tribunal leur avis
sur cette déclaration du juge. Très embarrassé, Nzabandora se
demande à quel saint se vouer. Il n’a plus de logement familial
assuré car sa maison d’habitation a été vendue aux enchères pour
rembourser un crédit de la Banque de Kigali contacté pour
l’achat dudit véhicule.
Bien plus Nzabandora craint
pour sa sécurité. “Des véhicules inconnus me filent à longueur
de journée,” dit-il.
Il plaide pour une justice
saine.