Kigali 26 mars 2010 -
Nous savons que
toute personne en détention a le droit d’être jugée publiquement
et dans les délais raisonnables. Cependant, nous remarquons que
dans la prison centrale de Cyangugu, ce principe n’est pas du
tout respecté.
En effet, un bon
nombre de détenus, aussi bien ceux des crimes de génocide et
ceux des crimes de droit commun viennent de passer pas mal
d’années en taule sans être jugés. La raison majeure en est que
beaucoup de détenus sont incarcérés sans aucun mandat d’arrêt
provisoire ou ordre de mise en détention provisoire. Il s’agit
essentiellement des personnes arrêtées et hébergées en prison
par les militaires ou la police sans avoir rempli les formalités
légales requises.
Pour ceux qui ont
été emprisonnés avant l’instauration des juridictions gacaca et
dont les dossiers ne sont pas encore instruits, sont de temps en
temps appelés devant la juridiction gacaca pour charger ou
décharger, au lieu d’être jugés !
Par ailleurs,
comment se fait-il qu’un détenu de droit commun condamné
provisoirement à 30 jours d’emprisonnement ferme, parvient à
passer plus de 5 mois voire une année en prison sans
jugement ? Malgré, les efforts énormes consentis par le chargé
des requêtes des détenus, pour satisfaire tout le monde, le
problème est loin d’être résolu.
Bref, en vertu de
la loi, ces personnes sont détenues illégalement, ce qui est
contraire aux droits humains.
Liprodhor,
mars
2010